[ Critiques Pilots ][ S01E01 ]

Pilot (US) : Bad Judge, objection votre honneur !

NBC poursuit lentement mais sûrement sa série d’échecs en matière de comédie, touchant le fond un peu plus années après années. La rumeur court que le Rockefeller Center s’apprête à prendre ses quartiers en chine méridionale tellement la chaîne sombre et creuse encore (bon j’exagère un peu hein, mais à part Parks and Rec, NBC n’a que des nouveautés et peine de plus en plus à installer ses comédies). Pour cette rentrée c’est Bad Judge qui écope d’un des pires pilots de la saison. Prix honorifique s’il en est, il reflète surtout le manque criant d’innovation et d’idée au sein de la chaîne au paon.

Upholding the rules by day…

Rebecca Wright, ou plus précisément Judge Rebecca Wright, est une femme qui représente la justice, la droiture, la morale et toutes ces choses qui relèvent du comportement en adéquation avec la société idéale, le savoir-vivre, l’entraide et l’honnêteté. Des valeurs finalement louables que tout le monde ne suit pas à la lettre mais qui, ici dans Bad Judge, sont le summum du Bon Etre Humain. Les créateurs ne nous donneraient pas un code de bonne conduite en fin d’épisode qu’on resterait presque sur notre faim avec tout ça…

Impliquée dans son travail jusqu’à aider un jeune élève en difficulté au sein de son école, Rebecca Wright incarne pendant la moitié de l’épisode une personne sur qui l’on peut compter qui fera passer les intérêts des autres avant les siens, tout spécialement s’il s’agit d’un enfant et qu’elle est en partie responsable de ses malheurs. Cette culpabilité très judéo-chrétienne reflète parfaitement tout le problème de ce premier épisode de Bad Judge. Car d’un côté nous avons une Rebecca tantôt altruiste, et de l’autre une Rebecca qui se gare sans honte sur une place de parking pour handicapé alors même qu’un homme en fauteuil roulant passe devant elle. En totale contradiction avec ce que les créateurs, Chad Jultgen et Anne Heche, essaient de nous dire une scène sur deux donc.

Breaking them by night.

Euh… Non. C’est là où le pilot de Bad Judge s’enfonce encore un peu plus dans le mauvais goût et l’incompréhension totale sur la définition de « breaking the rules » et pis encore du mot « bad ». Les créateurs sont sexistes, sur tous les plans et c’est navrant. Ils tentent de nous vendre pendant 22 minutes que conduire un van un peu branlant et un peu aménagé est une chose hors du commun qui sous-entend une vie de débauche, ils tentent de nous faire croire que coucher avec un homme de temps en temps et de faire un test de grossesse est aussi la définition de la débauche alors que le personnage avoue elle-même qu’elle n’a pas plusieurs partenaires et que le test est avant tout, de mon point de vue en tout cas, plutôt une décision responsable et un réflexe éclairé. Rebecca Wright ne brise en aucun cas les règles qu’elle fait respecter dans le cadre de son travail. Les créateurs de Bad Judge juge un mode de vie en stigmatisant les femmes et leur indépendance sexuelle et morale. On veut nous dire « Regardez comme elle vit sa vie, c’est déplorable et c’est une juge ! ». C’est très embarrassant lorsque l’on adhère pas du tout à ce discours et qu’on rejette catégoriquement, comme moi, l’idée qu’une femme est « mauvaise » si elle n’est pas une soccer mom. La série n’est pas seulement mal titrée comme Cougar Town ou New Girl, elle est aussi mal écrite (ils s’y sont repris à plusieurs fois il faut dire…) et tout simplement mauvaise. Seule Kate Walsh s’en sort, son timing en matière de comédie est très bon et le côté toujours à l’arrache du personnage de Rebecca est par moments rafraîchissant. Dommage qu’elle ne jouisse pas d’une comédie de qualité pour exposer tout son talent.

En plus de tous ces défauts, Bad Judge ne sait pas vraiment où elle va : le personnage de Rebecca est central certes mais est-ce un ensemble cast ? Une rom-com peut-être ? On ne sait pas franchement où la série veut nous embarquer, et pour cause le pilot a été ré-écrit et re-monté lorsque le showrunner a quitté la série cet été. Bref, la série devrait prendre perpétuité.

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La Sérietheque

Sériephile passionnée qui a grandi avec The Nanny, la trilogie du samedi, les minikeums ou encore Melrose Place - j'ai depuis regardé tout un tas de séries essentiellement américaines. Ma curiosité m'amène aux frontières de l'Europe et me permet de découvrir des bijoux de fictions britanniques ou danoises. Plutôt Minus que Cortex, je souhaite comme toi conquérir le monde.

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