[ Critiques Pilots ][ S01E01 ]

Pilot (US) : Cristela, les pieds dans le tapis du rêve américain

Lorsque j’ai débuté le pilot de Cristela, je me suis fait la réflexion que les comédies multicam « d’appartements » étaient beaucoup trop nombreuses pour me faire espérer guère mieux qu’un divertissement moyen sur une américaine d’origine mexicaine qui vit encore aux crochets de sa sœur et du mari de celle-ci. C’était sans compter sur la bonne humeur et l’énergie de Cristela Alonzo, la créatrice de la série éponyme. Et quelle énergie ! L’actrice y met tout son cœur, ce qui la rend immédiatement attachante sans pour autant devenir irritante à vouloir trop en faire.

En fac de droit et encore loin de devenir réellement diplômée, Cristela, qui n’a pas les moyens de vivre seule et d’assumer les dépenses courantes, vit avec sa mère chez sa sœur et son beau-frère. Alors qu’elle espère décrocher un stage non-payé dans une grande firme, la question de sa présence dans la demeure familiale est soulevée et c’est précisément vers le rôle de Cristela, à la fois dans son cercle familial, et désormais professionnel, que le pilot, et la série on le suppose, tend à se diriger.

Cristela s’attache à démontrer que l’American Dream est toujours possible, même s’il faut se prendre encore méchamment les pieds dans le tapis pour y arriver. Du racisme ordinaire d’un directeur peu enclin à se modérer à la matriarche qui répète sans discontinuer qu’elle, au contraire de ses filles, n’a jamais rien eu back in Mexico, Cristela essaie tant bien que mal de se dépatouiller avec les barrières que la vie lui met en travers de sa route. Sans se démonter, et parce qu’elle a un tempérament de battante qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, Cristela parvient à convaincre tout ce petit monde de lui faire confiance et de lui donner sa chance.

Finalement Cristela n’est pas une déception mais une vraie petite sitcom à suivre de près qui pourrait fort bien en étonner plus d’un. Au vue du pilot, qui est surtout un épisode d’exposition pour présenter l’univers et Cristela, il y a là un réel potentiel pour déconstruire les idées reçues, exploiter les ambitions de Cristela pour réussir et s’élever socialement. Sa vision des Etats-Unis ainsi que ses origines mexicaines font d’elle un personnage intéressant. On peut compter sur Cristela pour se moquer et faire fi des clichés pour prouver que l’envie et le talent l’emportent sur les origines sociales modestes dans une Amérique qui prône l’égalité des chances. Et tout ça avec un humour et un recul au poil (même s’il est à travailler pour les personnages secondaires, mais qu’importe).

Cristela pourrait très vite passer du crush au coup de cœur.

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La Sérietheque

Sériephile passionnée qui a grandi avec The Nanny, la trilogie du samedi, les minikeums ou encore Melrose Place - j'ai depuis regardé tout un tas de séries essentiellement américaines. Ma curiosité m'amène aux frontières de l'Europe et me permet de découvrir des bijoux de fictions britanniques ou danoises. Plutôt Minus que Cortex, je souhaite comme toi conquérir le monde.

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