[ Critiques Pilots ][ S01E01 ]

Pilot (US) : How To Get Away With Murder, la petite dernière de ShondaLand

Shonda Rhimes revient en cette fin d’année à la télévision américaine avec How To Get Away With Murder, son prochain gros succès après Scandal, Grey’s Anatomy et Private Practice. Seule femme actuellement à vraiment dominer l’univers masculin de la production télévisée américaine, Shonda Rhimes, désormais connue pour être à la tête de la soirée du jeudi sur ABC avec ses trois séries (« Thank God It’s Thursday! »), poursuit son ascension délirante en nous proposant une série dont elle n’est pas la créatrice, pour une fois, mais la productrice exécutive. Mais peu importe la place qu’elle prend dans ses projets, l’univers ShondaLand arrive toujours à nous surprendre.

How to get away with murder. – © ABC

How to Get Away with Murder est un legal drama mettant en scène Annalise Keating, une professeure de droit dans une prestigieuse université de Philadelphie. Alors qu’elle présente lors de son premier cours une des affaires de sa propre firme, elle demande à ses élèves de lui construire une défense possible sachant qu’une méthode ne doit pas être employée deux fois. Le dernier élève à passer à l’oral devra alors faire preuve d’intelligence et d’innovation dans sa proposition. Parallèlement, au cours d’un flashforward, on assiste à l’alliance de quatre élèves qui tentent de couvrir un meurtre et de se débarrasser du corps.

Cet épisode inaugural d’How to Get Away with Murder est dominé de bout en bout par l’interprétation convaincante et toutes en nuances de Viola Davis, l’interprète d’Annalise Keating. De femme forte à femme en détresse, le personnage est la clé de voûte de la narration adoptée par Peter Nowalk, le scénariste de ce pilot. Le rythme, quant à lui, s’en retrouve précipité et vif, nous embarquant dans un tourbillon d’informations concernant les personnages, le flashforward, le corps du défunt, allant parfois jusqu’à nous assommer aussi sec. Le « cas de la semaine », car la série reste un procédural avec un fil rouge à première vue (à la manière de Scandal), suppose cette vitesse, il s’agit d’un procès, il faut aller vite, trouver la meilleure défense et innocenter la cliente. Si le procès en question n’est qu’un prétexte à la présentation des personnages, il convainc suffisamment pour qu’on se laisse emmener plus loin dans l’épisode.

Les enjeux dévoilés dès le début de la saison présentent l’avantage d’intriguer immédiatement sans se demander où How to Get Away with Murder aimerait en venir. En revanche, le revers de la médaille est de nous affubler de beaucoup d’images qui reviennent systématiquement sur ce que l’on a vu précédemment, comme s’il fallait absolument que le téléspectateur comprenne le message. Cette méthode, excessivement didactique pour moi, expose trop son sujet et nuit légèrement à l’épisode, qui reste malgré tout de bonne qualité. Car How to Get Away with Murder parvient dès son pilot à imposer son rythme, ses personnages, son atmosphère, sa puissance même, notamment grâce à Viola Davis qui règne en maîtresse sur sa nouvelle équipe constituée de quatre étudiants. Tantôt « maternante », tantôt femme fatale, le personnage montre déjà une profondeur dans son traitement qui permet de s’enthousiasmer sans honte pour la série. Plus qu’à savoir How to Get Away with Murder maintenant. 

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La Sérietheque

Sériephile passionnée qui a grandi avec The Nanny, la trilogie du samedi, les minikeums ou encore Melrose Place - j'ai depuis regardé tout un tas de séries essentiellement américaines. Ma curiosité m'amène aux frontières de l'Europe et me permet de découvrir des bijoux de fictions britanniques ou danoises. Plutôt Minus que Cortex, je souhaite comme toi conquérir le monde.

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