[ Critiques Pilots ][ S01E01 ]

Pilot (US) : Manhattan Love Story, comédie pas très romantique

ABC a lancé hier soir sa nouvelle comédie romantique, Manhattan Love Story, sans grand succès puisqu’elle a réuni à peine cinq millions de téléspectateurs, un score très faible pour la chaîne. Après le visionnage du pilot, il n’est pas difficile d’imaginer pourquoi les américaines n’ont pas accroché à cette première rencontre, ni pourquoi elle sera probablement annulée dans les plus brefs délais.

Manhattan Love Story. – © ABC

On suit les aventures de Dana, fraîchement arrivée à New-York d’Atlanta. Elle y rejoint une vieille amie de fac qui propose aussitôt de lui organiser un blind date (rendez-vous avec quelqu’un que vous n’avez jamais vu) avec Peter, un collègue de son mari. Tout au long de l’épisode, on suivra, avec chacun une voix off, leurs plus intimes pensées et on assistera à la naissance de leur couple.

Le visionnage d’un pilot s’apparente à un premier rendez-vous. Chacun campe sur ses positions, jauge l’autre, se demande si justement il y aura d’autres rendez-vous, d’autres épisodes, d’autres semaines, voire même d’autres années. Et puis si l’attachement a lieu, c’est le miracle, l’explosion des sentiments avec à la clé un amour naissant qui se profile à l’horizon, le plus délicieux des horizons. Manhattan Love Story n’est pas de ces séries qui nous font tomber en amour pour des personnages, des scénarios, des atmosphères. Disons-le clairement, chers lecteurs, Manhattan Love Story n’a rien d’original. En soi ce n’est pas fatalement un problème, tout spécialement lorsque l’on est en phase de séduction. Si le propos est bien amené et que l’écriture est suffisamment intelligente, tout le monde peut s’y retrouver et espérer mieux par la suite. En revanche, le manque d’originalité couplé à la répétition excessive de clichés désobligeants pour les hommes, les femmes, et même les homosexuels, est une situation beaucoup plus délicate à gérer. Le rendez-vous se transforme en moment très gênant, auquel on voudrait échapper à tout prix, quitte à s’enfuir à tout clic avant la fin du rendez-vous en fermant la fenêtre de notre media player.

Avec Manhattan Love Story on ne peut même pas se raccrocher aux personnages tant ils ne sont ni attachants, ni intéressants. On se rend compte, en cours d’épisode, que c’est probablement peine perdue. Alors on espère un sursaut, une fin heureuse, plus surprenante que les 20 minutes que l’on vient de passer à se demander « Mais c’est vraiment ça les relations amoureuses ? ». Et puis non, définitivement non. Une scène, une réplique, un homme qui pleure, une femme désespérée qui pense désormais qu’il est gay. Le soupir, le très gros soupir, d’assister encore aujourd’hui à des dialogues (en voix off soient-ils) aussi stéréotypées et aussi fielleux. L’humour, oui car si le romantisme n’était pas invité dans cet épisode inaugural, l’humour non plus (ils sont probablement en train de noyer leur chagrin dans un bar du coin face au pathétisme dont ils sont pourtant les officiels représentants du genre). Les scènes supposées être drôles ont réussi tout juste à me décrocher un sourire faiblard, qui tient plus du haussement d’épaule que de l’amusement franc.

Au final, Manhattan Love Story n’émeut pas, ne surprend pas, ne fait pas rire, ne crée pas l’attachement. Le pilot est un rendez-vous raté, mais sera heureusement le seul.

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La Sérietheque

Sériephile passionnée qui a grandi avec The Nanny, la trilogie du samedi, les minikeums ou encore Melrose Place - j'ai depuis regardé tout un tas de séries essentiellement américaines. Ma curiosité m'amène aux frontières de l'Europe et me permet de découvrir des bijoux de fictions britanniques ou danoises. Plutôt Minus que Cortex, je souhaite comme toi conquérir le monde.

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