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The 7.39 (UK) : viens, ne dis rien, prends ma main…

Tous les matins, à 7h39 précisément, Carl et Sally, englués dans leur quotidien, prennent le train vers Londres. Alors qu’ils ont de plus en plus de mal à supporter la direction qu’a pris leur vie, leur rencontre va tout changer. Carl et Sally n’ont rien en commun si ce n’est le train qu’ils prennent tous les jours pour se rendre au travail. Elle, officie dans un club de gym et lui, est manager dans une agence de gestion d’actifs immobiliers. A priori rien n’aurait pu les rapprocher, pas même un train de banlieue bondé à 7h39. Et pourtant.

Le résumé de l’intrigue de The 7.39, un téléfilm plutôt qu’une mini-série, paraît au premier abord des plus classiques, pour ne pas dire des plus clichés : une femme et un homme vont entretenir une relation extra-conjugale BIG DEAL. Et vous aurez raison. Encore une histoire que l’on a déjà vu et dont on connaît déjà la fin. C’était cependant sans compter sur la performance des acteurs et sur une très bonne première partie.

La précipitation des départs matinaux, l’attente interminable sur le quai, les sièges impossible à trouver, la fatigue et la morosité de la routine qui s’abat petit à petit sur les épaules de nos protagonistes les amènent un jour à se disputer ardemment une place assise. Le train-train (c’est le cas de le dire) quotidien et des excuses plus tard, Carl et Sally se prennent finalement de passion l’un pour l’autre. Leurs discussions, d’abord anodines, prennent un tournant romantique, comme nous promettait David Nicholls, le scénariste.

On se prend vite au jeu de leur histoire, d’abord une belle amitié, mais qui ne sera évidente à gérer pour personne. Car en amour rien n’est simple, que l’on soit engoncé dans un mariage monotone ou dans des fiançailles ennuyeuses à mourir. Entre culpabilité et tentative de détachement (ratée), Carl et Sally ne manquent pas une seule ligne de leurs dialogues. L’exécution est quasi-parfaite et l’émotion définitivement au rendez-vous. La première partie du téléfilm nous fait pénétrer à la fois dans les coulisses de leur relation et à la fois dans les carcans sociaux auxquels elle appartient tandis que la seconde explore les conséquences morales et donc destructrices de la révélation. C’est précisément à ce moment que The 7.39 perd en saveur et en justesse. Ce qui faisait son charme était le contexte particulier de la relation qui unit Sally à Carl, une fois les murs de ce contexte affaissés, l’intérêt s’amenuise subitement.

Les performances de Sheridan Smith (Sally), Olivia Colman (Maggie) et David Morrissey (Carl) m’ont suffisamment séduites pour garder un bon souvenir de ces deux épisodes. L’inégalité de l’écriture empêche cependant The 7.39 de créer une vraie surprise.

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La Sérietheque

Sériephile passionnée qui a grandi avec The Nanny, la trilogie du samedi, les minikeums ou encore Melrose Place - j'ai depuis regardé tout un tas de séries essentiellement américaines. Ma curiosité m'amène aux frontières de l'Europe et me permet de découvrir des bijoux de fictions britanniques ou danoises. Plutôt Minus que Cortex, je souhaite comme toi conquérir le monde.

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